J’ai besoin d’un peu de silence. Ecoutez mon corps… J’entends un écho comme une musique noire qui vient du fond des âges. C’est un steak posé sur une balançoire. Collez-vous à ce coquillage, vous entendrez le son de la mer. Ca y est, je distingue bien la scène. Aux indigènes la magie noire. Sur la plage, ils chantent et dansent autour d’un feu. Les incantations, les sorts jetés qui se poursuivent jusqu’au bout de la nuit. C’est un immeuble aux pétales de roses. Un bracelet d’épines. Une fourchette à roues. Sur un chemin, Jésus porte sa croix. Je voudrais me dégager de toute religion, de toute physique, de tout pays, de toute famille, mais surtout de toute pesanteur. Pouvoir voler comme un oiseau, être le corps d’un autre. Avez-vous entendu la danse ? Je ferme ma chemise, je ferme ma bouche. Vous n’entendrez plus rien. Devant moi, l’étendue de l’océan.

 

 

Se promener dans le monde avec cette appréhension de ne jamais pouvoir s’élever. Etre l’ombre de soi-même, insipide et qui vous suit partout.

 

Et soudain, s’élever vers les anges.

 

Fenêtre de brume donnant sur l’au-delà.

 

Disparition de moi-même. Dissipation de l’âme.

 

Et dans un coin de la chambre un vieux livre ouvert.

 

Verso n°131, décembre 2007.