Du vide existentiel et des supermarchés

 

Mot à Maux n°1, mars 2005

 

Rayon des conserves – un que j’apprécie bien parce que la cuisine est vite faite et que cela me permet de gagner du temps. Sachant quelles boîtes il me faut, je n’y reste pas longtemps. Je m’attarde bien davantage sur le rayon des pâtes, mine de rien il y en a des pâtes de toutes sortes, ça en est même effrayant ! Alors je lis attentivement les étiquettes pour ne pas acheter n’importe quoi et qu’après, cela ne me plaise pas. Il faut bien étudier pour ne pas se méprendre sur le sens des étiquettes, c’est vital même. Et attention au chariot de la ménagère qui, avec ses trois enfants – dont le plus petit saute comme un fou dans ce chariot – qui parfois perd le contrôle et se retrouve à touche-touche avec les sachets de légume. Un bel accident évité de justesse, et on dira qu’il faut manger de tout ! Moi ma liste, elle est gravée dans ma mémoire. Chaque semaine c’est pareil, sauf que là, j’ai vraiment plus rien. Je commence par les choses lourdes et peu fragiles qui au fond de mon cabas ne peuvent pas en écraser d’autres plus légères… c’est un travail délicat les courses ! Et puis je termine par les clémentines et les bananes. J’ai un défaut en ce moment je suis accroc aux bonbons ! Le réglisse, les crocodiles gélifiés, les fraises, les frites ! C’est mon tempérament de poète, j’adore toutes les variétés de bonbons et je trouve ça mignon ! Draguer au supermarché ? Vous n’y pensez pas ! D’accord les serveuses sont pas mal, notamment la boulangère… mais c’est trop bien connu et puis c’est lassant à la fin, toujours les mêmes choses, le pain c’est bon mais je n’en abuse pas. Ok, la café j’adore… je suis accroc à la caféine. Alors toutes les deux semaines, mon pot de café. Dans les supermarchés maintenant ils ont aussi des disques, des vidéos, ils vendent des congélateurs (normal), des téléviseurs et des trucs informatiques. Je ne leur fais pas trop confiance question SAV, ils ne connaissent pas grand chose, on a l’impression de se faire arnaquer. Je commence par inspecter les nouveautés, je dévie par le rayon des livres, je ne touche pas, c’est marrant j’ai jamais ouvert un livre dans un supermarché ! Je frôle le rayon des jouets en pensant au prochain Noël. L’éternel rayon papeterie, j’achète des ramettes de 500 feuilles, ça fait un bout de temps, tranquille pour l’imprimante. Eh oui, la poésie même se fait dans les supermarchés ! Tu ne dragues pas, tu regardes, tu jettes un œil sur tout ce qui se consomme. C’est ça le vide existentiel dans les supermarchés. Un truc vital et superficiel à la fois.