Par une journée d'été tes yeux étaient aussi clairs que le bleu du ciel. Dans le jardin un homme assis derrière un arbre, la joue collée aux fleurs, lisait un livre. Cet homme avait quelque chose de mystérieux, comme une agitation qui derrière un masque d'apparences devait vivre intensément. Ses mains tournant les pages, ses yeux fixant dans le néant. Peut-être un mot, une phrase l'avait-il intrigué et il se laissait envahir par son esssence, cigarette aux doigts et cet air impatient et intrigué de quelqu'un qui cherche à comprendre. Moi j'étais assis sur cette chaise de jardin et je lisais mon livre. Les mots sont des pétales d'encre de Chine collés sur un papier. Ils n'ont de teneur, de sens, que pour l'esprit. S'échapper, s'envoler pour une seconde, pouvoir se dépasser une fois dans sa vie, et découvrir l'éternité ! Moi j'étais assis dans ce jardin, un verre posé sur l'herbe.

 

L’échappée belle n°12, novembre 2004.